56 millions de dollars par année

C’est le montant des coupes permanentes imposées par le gouvernement Harper à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) d’ici 2015. L’ACIA verra ainsi son budget annuel amputé de 8 % par rapport à ce qu’il était en 2011-2012.

Des centaines de mises à pied

Impossible de connaître le nombre exact de postes abolis à l’ACIA. D’après les projections présentées par l’organisme dans ses budgets des dépenses 2011-2012 et 2012-2013, environ 500 emplois équivalents à temps plein seraient supprimés d’ici 2015. Une chose est certaine cependant : 300 membres de l’AFPC œuvrant à l’ACIA ont perdu leur emploi depuis la fin de mars 2012, dont 100 inspecteurs en salubrité alimentaire.

Une situation critique

Avec les coupes imposées à ce jour, le financement de l’ACIA ainsi que le nombre d’inspecteurs en salubrité alimentaire se retrouvent à un niveau inférieur à celui de 2008, au moment où éclatait la crise de la listériose associée aux aliments Maple Leaf. Or, d’après un rapport d’enquête, la pénurie de personnel à l’ACIA a joué un rôle important dans la survenue de cette crise qui, rappelons-le, a causé le décès de 22 personnes.

Un déficit d’inspection

Pour réduire ses frais, l’ACIA confie à l’industrie davantage de responsabilités en matière de surveillance des aliments. Elle demande aux entreprises d’élaborer et d’appliquer leur propre système de contrôle des risques, tout en réduisant les inspections sur le terrain. Résultat : les inspecteurs passent plus de temps à vérifier des rapports produits par les compagnies elles-mêmes qu’à surveiller comment les choses se déroulent réellement dans les installations alimentaires. Pour plusieurs experts, dont un ex-haut fonctionnaire de l’ACIA, les incidents chez Maple Leaf (2008) et XL Foods (2012) démontrent les lacunes d’une telle façon de faire.

Et bien d’autres conséquences

Plusieurs autres programmes et processus de l’ACIA sont éliminés ou amoindris afin de réaliser des économies, dont ceux d’approbation pré-marché de l’étiquetage des produits de viande, de vérification de l’étiquetage nutritionnel et de surveillance des viandes importées.

De plus, la viande d’animaux malades pourrait se retrouver dans votre assiette en raison de modifications au Règlement sur l’inspection des viandes apportées par le gouvernement Harper en 2012 afin d’offrir plus de flexibilité à l’industrie et de réduire les coûts d’inspection.

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