180,5 M$ de coupes

La mise en œuvre du budget 2012 du gouvernement Harper entraîne des coupes substantielles en environnement : 83,3 millions de dollars en 2012-2013, 117,9 millions en 2013-2014 et, à partir de 2014-2015, 180,5 millions par année de façon permanente. Ces montants incluent les compressions à Environnement Canada et celles imposées aux programmes à vocation environnementale d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, Parcs Canada, Pêches et Océans Canada, Ressources naturelles Canada et Transports Canada. Ils tiennent aussi compte de l’abolition, en mars 2013, de la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie.

Ou plutôt 1,5 G$?

La réduction des dépenses en environnement a toutefois commencé avant le budget 2012 et elle se poursuivra après 2015 selon les dernières prévisions budgétaires présentées par les ministères et organismes concernés. En fait, en comparant les dépenses réelles consacrées à l’environnement en 2010-2011 avec celles projetées pour 2015-2016, on constate que les compressions annuelles pourraient atteindre 1,5 milliard de dollars et occasionner plus de 1600 pertes d’emploi.

Des coupes d’un autre genre

Aux compressions budgétaires et suppressions d’emplois s’ajoute une foule de mesures venues affaiblir la protection environnementale. Le gouvernement Harper a, par exemple, sabré les lois sur l’évaluation environnementale, sur les pêches et sur la protection des eaux navigables (voir exemples plus bas). De plus, son approche dans plusieurs dossiers environnementaux comporte des lacunes importantes, comme l’a maintes fois rapporté le commissaire à l’environnement et au développement durable. Celui-ci a entre autres critiqué sa gestion des risques environnementaux liés aux projets gaziers, pétroliers et nucléaires ainsi que ses pratiques en matière de réduction des gaz à effet de serre. Et, fait à noter, le commissaire dit craindre que l’exploitation des ressources se fasse désormais aux dépens de l’environnement.

Qui en profite?

Toutes ces coupes en environnement ont un objectif, explicitement énoncé dans le Plan d’action économique du gouvernement Harper : « faire du Canada le pays le plus attrayant au monde pour les investissements et les projets d’exploitation dans le domaine des ressources ». A-t-on besoin d’en dire plus?

L’approche Harper en environnement : quelques exemples

Évaluations environnementales atrophiées

La Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (LCEE), remaniée en 2012, est considérablement affaiblie. Par exemple, seuls certains types de projets nationaux, dits « désignés », s’y trouvent maintenant assujettis et les effets environnementaux à considérer pour une évaluation sont moindres que dans l’ancienne loi. Ces deux modifications ont notamment pour résultat de diminuer radicalement le nombre de projets soumis à une évaluation environnementale fédérale. À tel point que dès l’entrée en vigueur de la LCEE 2012, près de 3000 évaluations ont été annulées, faute de correspondre aux critères de la nouvelle loi.

Écosystèmes aquatiques menacés

Des modifications apportées à l’article 35 de la Loi sur les pêches mettent en péril les écosystèmes aquatiques. Lorsqu’elles prendront effet, à une date qui n’est pas encore précisée, l’interdiction d’altérer l’habitat du poisson sera remplacée par une interdiction de causer « des dommages sérieux à tout poisson visé par une pêche commerciale, récréative ou autochtone, ou à tout poisson dont dépend une telle pêche. » Cela signifie que seules les espèces pêchées seront véritablement protégées, mais pas l’écosystème dont dépend leur survie.

Plus de 99 % des cours d’eau non protégés

La Loi sur la protection des eaux navigables deviendra la Loi sur la protection de la navigation (à une date non encore déterminée). Avec la loi actuelle, une approbation du fédéral est requise pour la construction d’ouvrages dans, sur, sous, au-dessus ou à travers tous les cours d’eau navigables du pays, soit plusieurs dizaines de milliers. La nouvelle loi, elle, ne s’appliquera plus qu’aux trois océans qui bordent le territoire canadien et aux 159 lacs, rivières et fleuves désignés dans une annexe. Ainsi, 99,9 % des rivières et 99,7 % des lacs canadiens se trouveront soustraits à la règlementation fédérale et il sera plus facile d’y construire pipelines, barrages et autres ouvrages.

Lutte aux changements climatiques négligée

Le gouvernement Harper fait peu de cas de la lutte aux changements climatiques. En décembre 2011, par exemple, il retirait le Canada du protocole de Kyoto. De plus, selon le commissaire à l’environnement et au développement durable, il est « peu probable » que son approche pour réduire les émissions de gaz à effet de serre « permette d’atteindre la cible de 2020 du Canada », cette cible étant une diminution de 17 % par rapport aux niveaux de 2005.

À propos de la vidéo : Après sa performance éblouissante, le poisson rouge a immédiatement été transféré dans un grand bocal propre. Quant aux plantes, elles ont toutes été rempotées.